Quatre ans déjà !

DES ANNEES DE REFLEXIONS MENÉES PAR DES ENTREPRISES

 

Quatre ans après le début d’une aventure osée par 15 entreprises et un livre*, il me semble utile de communiquer sur le résultat de ce travail dont le but était de répondre au nouveau paradigme. Et cela, sans a priori, dans un écosystème déjà pourvu de nombreuses initiatives intéressantes*, mais ne répondant pas concrètement à une question simple : comment fait-on pour redonner aux gens l’envie de s’investir au quotidien ?

 

Les contributions confortatives apportées par les DG contribuent assurément à améliorer les conditions de vie. Mais est-ce suffisant pour être heureux ? Les concepts de « libération » des humains dans l’entreprise participent effectivement à insuffler une meilleure ambiance.

 

NOTRE CONVICTION PROFONDE EST QUE LA « CLE DE VOUTE » EST AILLEURS.

 

Cela répond-t-il à un besoin manifeste de reconnaissance de l’utilité de l’équipe et de l’individuel ? L’imagination, la créativité dans la zone de travail de chacun donnent-elles la possibilité de s’exprimer, d’être considérées par le management directorial et d’aboutir parfois à des résultats concrets ?

Partons du principe que chaque être humain a envie d’être fier de son travail, avec en chacun une intelligence qui ne demande qu’à s’appliquer, est-ce reconnu, est-on considéré, respecté comme être humain ?

 

LES CONTRIBUTIONS DE CADRES DIRIGEANTS NOUS ONT PERMIS D’APPREHENDER UNE VERITE TRES SIMPLE.

 

Le Collectif compte aujourd’hui 170 entreprises. Depuis 4 ans, 1300 participations de cadres dirigeants se sont manifestées dans des Causeries en petits groupes de 15 personnes, sans enjeux, informels et ludiques. A Annecy, Bordeaux, Clermont Ferrand, Dijon, Lyon, Nantes, Paris et Strasbourg, plus de 100 Causeries (voir définition sur notre site) ce sont déroulées en toute humilité, managées par les cadres eux-mêmes. Nos membres ont pris la parole et/ ou ont organisé 12 conférences. 15 rendez-vous appelés « Penser à Soi » ont eu lieu, événements de convivialité, de détentes utiles ont données lieu à des échanges dans une autre dimension.

 

Pour arriver à quoi ? À Libérer de l’empathie, à oser établir avec ses collaborateurs de la confiance, à donner une part d’autonomie et surtout des marques de respect. Jusque-là nous n’avons pas répondu à la question : comment fait-on le matin dans chaque entreprise ?

 

Nous avons trouvé une réponse et pour l’exprimer en peu de mots

Redonner de la place à l’irrationnel

 

Notre civilisation industrielle a, depuis deux siècles de perfectionnement des modèles de production fondées sur la quantité, contraint les humains à vivre dans la rationalité productiviste, enfermés jusque-là dans une normalité les privant des ressources de leur cerveau qui est à l’origine de l’évolution de l’humanité.

 

COMMENT CHANGER DE LOGICIEL ?

 

Les premières lignes de Idriss ABERKAN dans son livre « Libérez votre cerveau » constituent une première ouverture :

 

« Nous n’utilisons pas bien notre cerveau. A l’école, au travail, en politique, nous n’utilisons pas ergonomiquement notre cerveau. Les conséquences de ce mauvais usage sont diverses, mais elles ont en commun le mal être, la pétrification mentale et l’inefficacité. »

 

Depuis notre naissance nous sommes formatés pour penser cartésien en contraignant notre nature à une discipline rationnelle.

 

Quand on parle de nouveau Paradigme, de quoi s’agit-il ? Dans la transversalité de leurs connaissances, la capacité des humains à décrypter les discours et leur niveau de connaissances a considérablement évolué depuis 30 ans. A défaut de clarté, il s’ensuit un malaise, une défiance, qui tend à faire adopter un profil bas à ceux qui ne sont pas assurés de retrouver rapidement du travail. L’Humain est réactif, la preuve il a inventé une nouvelle stratégie de désengagement. Appelé Présentéisme par certains, l’idée est de faire le minimum pour ne pas être renvoyé en attendant des jours meilleurs. Différents cabinets ont évalué le coût pour les entreprises. On parle de 40 % à 50 % le nombre de salariés concernés en France. Le coût est assurément plus élevé que celui de l’absentéisme auquel s’ajoute la mauvaise performance économique.

 

Notre conclusion, à ce jour, est que le management doit impérativement se remettre en question, s’interroger sur nos comportements quotidiens. Il ne s’agit plus de se donner bonne conscience en acceptant de se soumettre aux règles parfois absurdes de l’économie.

 

Intégrer ce changement implique un autre mode d’approche de nos relations avec les autres, l’acceptation que tout être humain a une vraie valeur ajoutée et qu’il faut l’aider à la manifester.

 

C’est un sujet de neuroscience cognitive dont les manifestations les plus acceptées, aujourd’hui, sont la méditation, le Yoga, etc. Une vraie prise de conscience se développe, il est nécessaire travailler au plus près du cerveau pour changer de logiciel, que chacun d’entre nous se remette en question. Nous pensons que nos Causeries sont un creuset permettant de « sentir » au plus profond de soi de l’empathie pour tous ceux avec qui on travaille. Nous préparons une Conférence à Paris en avril 2018 sur les neurosciences cognitives.

 

Aujourd’hui il est clair que le rationnel de suffit plus pour atteindre l’excellence.

Ne rien changer, c’est prendre le risque de condamner l’entreprise à court terme. Il suffit de regarder aujourd’hui la fragilité des « empires »

 

Sacha Genot Délégué Général

 

l’Humain dans l’Entreprise, un Capital à Préserver » Edition Eyrolles.

* Nombreux ouvrages, souvent bien argumentés, ont eu pour objectif de donner aux dirigeants d’entreprise des méthodes, des procédures destinées à faire évoluer leur management. Mais, conseils et habiles raisonnements suffisent-ils à « chambouler » la conception de l’ordre ancrée dans nos esprits depuis le début de notre vie ?

 

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