Grande Cause Nationale : nous avons besoin de VOUS !

Grande Cause Nationale

LA QUALITE DE VIE AU TRAVAIL – GRANDE CAUSE NATIONALE 2016

POURQUOI ?

Benoît de Laurens – Septembre 2015 


PRÉAMBULE

 Un sujet de grande cause nationale est par essence un sujet qui doit porter en lui les arguments d’un mieux vivre ensemble à l’échelle du pays et dont la faible connaissance par le plus grand nombre ou l’insuffisante prise de conscience qu’il suscite mérite de lui donner un coup de projecteur institutionnel.

A l’heure des remises en cause des modèles économiques, de la redéfinition de la fonction du travail, mais aussi à l’heure du chômage structurel, il y a aujourd’hui – et précisément aujourd’hui – une cause qui émerge dans toutes les organisations aussi bien sur le plan théorique que sur le plan terriblement pratique chez un nombre considérable de nos concitoyens : celle de la qualité de vie au travail.

Loin de constituer un paradoxe ou une contradiction, la notion de qualité au travail est au coeur de deux enjeux majeurs pour notre société : un enjeu de santé publique et un enjeu de performance économique. De multiples acteurs institutionnels, associatifs et individuels agissent aujourd’hui au plus près des citoyens sur ce sujet, ils ont besoin d’être soutenus. Le label grande cause leur fournira le coup de projecteur et le coup d’accélérateur indispensable à leurs actions.

DE QUOI PARLE-T-ON ? POURQUOI MAINTENANT ?

Concrètement la qualité de vie au travail est conditionnée par quatre facteurs clés : l’environnement de travail (de l’espace de travail à la culture de l’entreprise) les conditions de travail (de la rémunération, aux équipements, aux horaires), de la relation (du rapport aux autres et à la hiérarchie) et enfin de l’aspiration (de l’écoute, à la reconnaissance et au sens).

Or, le moteur du développement économique est basé sur la recherche permanente de l’amélioration de la performance d’une organisation, au regard des services qu’elle rend et de la valeur qu’elle crée. Depuis une centaine d’année, les entreprises et les organisations ont « fait le plein » des recettes et des processus conduisant à une amélioration systémique de la performance : rationalisation de l’outil industriel, concentration des achats, réduction des coûts, démarche de progrès et d’amélioration continue, mise en place des normes qualité, déploiement des système d’information, de pilotage et de contrôle, de reporting, etc. En un siècle la production par tête a été multipliée par neuf et le temps de travail divisé par deux. Les marges de « progrès » sont désormais faibles.

L’application parfois excessive des processus conduit à des situations douloureuses ou l’individu, du cadre supérieur à l’ouvrier, se sent purement exécutant d’un système qui le dépasse où il est lui-même interchangeable, inutile dans sa singularité mais utile dans sa normalité. Avec deux conséquences majeures, au mieux une désimplication de l’individu dans sa fonction (appelée aussi parfois le présentéisme, c’est à dire être là, mais passif) et au pire des conséquences physiques ou psychologiques graves sources d’absentéisme, voire de maladies qui impactent plus largement la famille et l’entourage. Et derrière ces conséquences individuelles ce sont aussi les conditions de la performance économique qui se dégradent. Les spécialistes, mais aussi le bon sens savent bien qu’on a atteint une limite. La théorisation d’organisation totalement au service de process et à finalité exclusivement financière finit par tuer l’essence même de l’entreprise : des hommes et des femmes qui entreprennent ensemble. Or c’est précisément la singularité humaine faite d’instinct, d’idée, de courage, de vision, de talent, d’anticipation, de plaisir, de confiance, de partage, de reconnaissance, de fierté, etc. qui constitue la vraie alchimie de la création de valeur. C’est bien là que se trouvent les nouveaux champs du progrès. Comment passer du « comment faire » au « pourquoi faire ».

Comment a-t-on pu l’oublier à ce point ? De grands capitaines d’industries ou d’administration répètent à l’envie que le facteur humain est au cœur de leur projet alors même que la réalité quotidienne les contredit. La qualité de vie au travail se dégrade, le développement des nouvelles technologies et de l’accès instantané
à l’information est un facteur aggravant puisqu’il n’apporte ni réassurance, ni confiance, ni reconnaissance, ni valorisation. La défiance envers les organisations et les institutions augmente autant que la recherche éperdue d’une vérité, comme deux parallèles qui ne se rejoignent pas. Ce n’est pas tant la valeur travail qui est remise en cause que les conditions de son exercice. La fin des structures pyramidales et l’avènement d’approches horizontales poussées par le développement du numérique provoque des raidissements d’un encadrement attaché à ses prérogatives passées. Le délitement du dialogue social n’arrange rien à l’affaire… La réalité conjoncturelle est inquiétante.

Alors même que de très nombreuses initiatives et réflexions se développent sur ce sujet crucial, c’est la société toute entière qui doit prendre conscience de l’importance de l’enjeu. Parce ce qu’il est par définition vertueux et qu’il représente une part de solution à nos problèmes d’aujourd’hui. Ceux du bien être individuel et ceux du progrès économique. Et surtout parce que s’il n’est pas soutenu maintenant, le coût global pour la société sera demain considérable.

CONCRÈTEMENT

• Le stress et les mauvaises conditions de travail sont évalués entre 3 et 4% du PIB.
• Si rien n’est fait de manière sérieuse, les décès par maladie mentales liées au travail seront supérieurs demain à ceux provoqués par les maladies cardio-vasculaires et les diabètes cumulés.
• Le désengagement des salariés est estimé aujourd’hui à un coût global de 200 milliards d’euros (Etude Mozart Consulting).
• Les maladies professionnelles sont en croissance inquiétante. Elles sont passées de 30 000 à 50 000 entre 2002 et 2012.
• La mauvaise qualité de vie au travail est clairement aujourd’hui un frein au retour à l’emploi et donc un facteur aggravant du chômage.
• Une étude du cabinet Hewitt a mesuré en Europe et aux USA le rapport entre le niveau d’engagement des salariés et la performance financière des entreprises. Elle est spectaculairement sans appel (cf.annexe).

QUELLES SOLUTIONS ? QUELS PROJETS ?

Les initiatives sont nombreuses mais parcellaires et pas toujours coordonnées. Qu’il s’agisse de groupes de réflexion, de think tank comme le mouvement des entreprises libérées, d’accords professionnels, de prise de conscience politique (cf. note de Marylise Lebranchu aux responsables de la fonction publique), de palmarès de plus en plus sérieux qui mesurent les entreprises où il fait bon travailler, de création de fonction spécifiques de responsables « QVT » au travail, de salons comme Vitaelia (juin 2015), d’organismes dédiés
qui ne ménagent pas leurs effort comme l’Anact, elles ne suffisent pas pour autant. Notre pays doit engager un vaste programme de mobilisation sur ce sujet, dont le label Grande cause peut être le catalyseur.

Les dirigeants des entreprises privées comme des organisations publiques doivent être sensibilisés de manière active, les salariés du privé et du public qui exercent leur travail dans des situations difficiles doivent être reconnus dans leur mal être. Les économistes et autres prospectivistes doivent être saisis du sujet pour apporter leur éclairage sur les coûts de la non qualité pour la santé et pour l’économie et surtout pour mettre en équation le surplus considérable en création de valeur qu’apporterait demain à notre pays une prise en main sérieuse de cet enjeu.

La question n’est pas celle d’opposer la notion de qualité de vie individuelle, à celle de la performance économique d’une organisation, ni même celle de parler du bonheur au travail qui est autre chose. La question est bien de dessiner les contours d’une nécessité vitale de repenser notre rapport au travail. De rétablir une confiance dans le dialogue avec les partenaires sociaux. De redéfinir notre fonction singulièrement humaine dans un faire ensemble vertueux et bénéfique. De redéfinir le rôle des décideurs dans l’accompagnement du changement et de la place qu’ils doivent accorder aux managers et à leurs équipes pour le réussir. De rétablir une confiance en l’humain tout simplement, L’homme a besoin de donner du sens à ce qu’il fait, il a besoin de savoir pourquoi il se lève le matin, il a besoin d’écoute, d’échange, de reconnaissance, de respect, de considération, de sincérité, d’exemplarité, de protection, d’accompagnement, de formation, d’équité. « L’efficacité d’une personne est directement proportionnelle à la confiance que l’on met en elle ». Trop de petits ou de grands chefs l’oublient, bon nombre de DRH l’ont bien compris depuis longtemps mais prêchent parfois dans le vide. C’est à un changement de mentalité global qu’il faut opérer.

Et c’est parce que nous sommes précisément dans cette nécessité de prise de conscience que le label Grande cause est l’opportunité idéale.

QUI SOMMES-NOUS ?

Association d’entreprises engagées, nous sommes des acteurs de l’économie dans toutes ses composantes. Nous existons depuis deux ans et sommes totalement mobilisés sur cet enjeu. Nous ne sommes ni corporatistes, ni patronaux, ni club de réflexion ou de DRH. Nous représentons la réalité du tissus économique avec quelques grands groupes, des entreprises de taille moyenne et des acteurs parties prenantes du sujet comme des cabinets spécialisés sur les questions de ressources humaine et de qualité de vie au travail. Des partenaires institutionnels s’engagent avec nous et nous soutiennent comme des syndicats (CFE.CGC, CFDT). Notre mission première est précisément celle de la sensibilisation et de la mobilisation des acteurs.

QUELS PROJETS AVEC LE LABEL GRANDE CAUSE ?

• Par la visibilité donnée à la cause, nous voulons agir en catalyseur auprès de l’ensemble des énergies qu’il y a dans ce pays autour des questions de management, de ressources humaines, de développement personnel, d’organisation, de dialogue social et plus globalement sur la place de l’homme dans les nouvelles économies.

• Nous voulons être une plateforme d’échange et de partage à la fois pratique et concrète sur tous ceux qui agissent.

• Nous allons mettre en place une action offensive et pérenne de sensibilisation des médias qu’ils soient spécialisés ou grand public.

• Nous allons déployer une campagne nationale de mobilisation pluri média avec une interaction recherchée entre la puissance de la télévision avec un spot de 30’et la réactivité des médias sociaux.

• Nous co-organisons une conférence internationale avec LE MONDE le 18 janvier 2016

• Nous allons mettre en place un blog dédié à la cause ainsi que bien entendu un compte twitter et Facebook.

• Nous allons produire des contenus (études, témoignages, etc.) pour alimenter de manière constante les plateformes LinkedIn et Viadeo.

       Télécharger la version PDF : CPQVT_NOTE GRANDE CAUSE NATIONALE_Sept2015

Un commentaire

  1. Nathalie DECOTTEGNIE septembre 1, 2015 4:07  

    Bonjour à toute l’équipe,
    Et merci infiniment de décider de prendre les choses en main à grande échelle !

    Je travaille sur ce sujet – l’épanouissement de l’être humain (au travail et ailleurs) – depuis plusieurs années. Et je suis heureuse de voir relayer ces idées – idées d’avant-garde communes à quantité de gens de bonne volonté – me conforte dans ma propre action.
    En effet, mon site / blog (rédaction d’articles, news mensuelle, Citations commentées…) + les formations que je compte vendre sur le Net + les prises de parole pour donner de la voix aux thèmes que vous évoquez, contribuent à répandre cette nécessaire introduction dans le Nouveau Paradigme pour un vrai changement sociétal.

    Aussi, poursuivez, foncez, ne lâchez rien ! C’est maintenant ou … maintenant.

    Bien cordialement,
    Nathalie Decottégnie

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