Compte Rendu Université Lyon 2

Overview

Causerie lyonnaise … sans cloisons … / 07 février 2017 / Compte-rendu 

Participants : 

Hervé ARNAUD – SOMFY

Pascal COSSON – ADP

Jean-Luc FRESEL – Omeris

Irène GAZEL – Université de Lyon

Frédérick JACQUELET – Cohésion International

Joël SCHMOTTERER – ADP

Sacha GENOT – Collectif Performance et QVT

Sandrine LACLAU – Cohésion International (rédacteur)

Nous sommes accueillis pour la deuxième fois dans cette belle adresse lyonnaise près de la place des frères Lumière. Sacha nous rappelle le cadre d’une causerie et déploie ses talents de mise en relation pour nous permettre de rapidement nous sentir dans une ambiance porteuse et conviviale.

La causerie de ce soir donne la parole à Irène GAZEL. Rapide tour de table pour commencer. Comme chaque fois, la diversité des métiers, des environnements professionnels et des missions de chacun donnent le ton aux échanges. Le fil conducteur sera le décloisonnement. Sans l’avoir prémédité, chacun présentera ses réflexions et partagera ainsi ses bonnes pratiques de la QVT.

Irène nous dévoile son parcours, depuis son expérience, l’été, à la chaîne, chez Vidéocolor à son poste actuel de Directrice Générale Adjointe à l’Université Lyon 2 en passant par différentes missions dans la fonction publique territoriale en tant que DRH (Métropole de Lyon, Région Auvergne Rhône Alpes, …).

Notre causerie avance. Nous nous posons plusieurs questions.

Les sujets des RPS et de la QVT peuvent-ils se calquer ? Sont-ils propres à chaque organisation ? Irène nous décrit plusieurs dispositifs mis en place : réseaux d’écoute par des pairs, psychologues, psychologues du travail, assistantes sociales, ergonomes, aides, service médiation – prévention.

Faut-il spécialiser des services sur l’accompagnement à la QVT ou diffuser largement les principes de la QVT pour que chacun se les approprient ?

Aujourd’hui, certaines situations de souffrance émergent aussi du juridique (plaintes). Cela peut faire poids sur l’organisation mais mobilise d’autant plus les managers.

Déjà très sollicités (expertise, organisation, animation  d’équipe, reporting), ils n’ont pas tous été formés à l’accompagnement, ils n’ont pas tous la même sensibilité sur la relation managériale, ni les relais pour se faire conseiller ou aider eux-mêmes. Comment évaluer la souffrance d’un collaborateur ? Où commence le harcèlement ? Est-ce à l’employeur de réguler au niveau social par des dispositifs orientés vers le sport ou la diététique ? Comment accompagner les managers eux-mêmes ?

Joël rebondit sur ce point en illustrant par une situation rencontrée lors d’une modification des espaces de travail en open spaces. Le changement n’a pas été piloté par le manager, les règles de vie pas posées, les comportements pas anticipés. Des cloisons en carton ont été réinstallées. Il n’avait pas été mesuré qu’en fait, ce qui est souvent mis en avant dans les open spaces sont des problèmes de bruit, alors que c’est plutôt le ressenti d’une perte de confidentialité qui est en jeu. Il a fallu accompagner le manager dans sa communication avec les équipes.

Hervé témoigne aussi sur la vie en open spaces qui n’est pas simple et peut générer des souffrances individuelles et collectives. Cela réinterroge le savoir-vivre ensemble et travailler en proximité.

Jean-Luc apporte un sujet complémentaire sur le travail à distance pour lequel l’organisation doit faire vivre un sentiment d’appartenance.

Tout comme Irène qui évolue, à l’Université, dans un environnement où se côtoient deux mondes en interaction, les enseignants (2/3) et les agents administratifs (1/3), au service des étudiants, Jean-Luc s’applique à faire fonctionner ensemble, différents métiers au service des résidents. C’est un changement de repères, de nouveaux référentiels à intégrer pour décloisonner les métiers. La clé : ce que chacun a en lui. Pour donner un exemple : ce n’est pas si simple pour un technicien de reporter une intervention afin de prendre du temps pour jouer aux dominos avec des résidents. Il peut y avoir des freins, des doutes, un questionnement sur la reconnaissance de ses compétences … A l’inverse, si c’est une situation de douleur ou de difficultés, le décloisonnement est automatique, chacun s’entraide, le sens reprend le dessus. Là encore, ce sera au manager d’expliquer, de rassurer, de faire prendre conscience de l’importance de la qualité des relations et du rôle de chacun.

Pascal partage aussi des expériences réussies grâce à la convivialité en place dans son entreprise : salle de réunion, mobilier connecté, qualité des matériaux utilisés lors des réaménagements, café et bouteilles d’eau à disposition  … avec parfois une certaine interrogation face à des collaborateurs qui ne perçoivent plus ces marques d’attention et ne savent pas les apprécier.

Au-delà de ces dispositifs d’accompagnement, d’écoute, de temps, de pédagogie parfois, l’enjeu est surtout de faire adhérer. Un des leviers est de clarifier et rendre lisible par tous, le circuit d’informations. Et plus la structure est grande, plus ce circuit aura son importance pour que personne ne se sente oublié, écarté, exclu.

La question est alors posée par Sacha, sur l’impact du numérique. Facilite-t-il les relations au travail ? La vie en commun ? Hervé partage une de ses lectures de Joël de Rosnay sur l’intelligence artificielle (1). Dans son livre, l’auteur explique que cette nouvelle forme d’intelligence permet de recréer du lien : co voiturage, co working.

Ces échanges nous amènent vers la recherche de la Qualité de Vie tout court, et dans le travail, l’importance accordée à une atmosphère propice. Hervé fait le parallèle avec le dialogue social qui évolue dans le secteur privé. Les instances se professionnalisent, les échanges sont plus constructifs. Là aussi, un bel exemple de décloisonnement : réussir à trouver de nouveaux alliés aux côtés de tous les collaborateurs de l’entreprise.

Avant de nous quitter, Sacha nous remercie pour nos échanges, pour ces nombreux exemples de décloisonnements qui permettent de diffuser une qualité de vie au travail en cohérence avec la performance.

A bientôt pour une prochaine causerie,

(1) A bientôt 80 ans, Joël de Rosnay signe « Je cherche à comprendre. Les codes cachés de la nature », un livre de synthèse qui interroge l’homme et les mystères de l’univers. Grâce aux smartphones, à l’intelligence artificielle et aux réseaux sociaux, il prédit l’émergence d’une « intelligence collective augmentée » qui va engendrer un hyperhumanisme, bien préférable selon lui au cauchemar transhumaniste de la Silicon Valley – Propos recueillis par Philippe Mabille et Dominique Pialot  |  05/10/2016.

Télécharger le compte rendu en PDF.

CR – Causerie du 7 février 2017 – Lyon – Universite Lyon 2

 

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