Compte Rendu Causerie Direccte – Philippe NICOLAS – 15 Novembre 2016 – Lyon

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Causerie lyonnaise dans une belle maison bourgeoise, chargée d’histoires novembre 2016 – Compte-rendu

Participants :

Catherine ELIA – Ergos ergonomie
Christophe ANDRE – Sanofi Pasteur
Claire SALVI – Réhalto
Frédérick JACQUELET – Cohésion International Hervé GARCIA – Serge Ferrari

Isabelle CAMPION – Métropole de Lyon Jean-Luc FRESEL – Omeris
Jérôme DOCHE- Crédit Agricole Centre Est Julien ROUGIER – GSF

Nathalie MILANETTI – Harmonie Mutuelle Philippe NICOLAS – DIRECCTE
Sacha GENOT – Collectif Performance et QVT Sandrine LACLAU – Cohésion International

Rédacteur : Sandrine LACLAU

Nous nous retrouvons dans un beau salon de cette magnifique demeure ayant autrefois appartenu à Marguerite et Auguste Lumière. Sacha commence par vanter l’art du bien vivre à la lyonnaise et lance la causerie qui a ce soir, l’honneur d’accueillir Philippe NICOLAS, Directeur Régional des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi (DIRECCTE) de Rhône-Alpes.

Rapide tour de table pour se présenter, la diversité des métiers et des environnements professionnels annonce une soirée riche en échanges. Puis, nous voilà à écouter avec un vif intérêt la présentation de Philippe.

La création des DIRECCTE en 2010, a résulté des travaux menés dans le cadre de la RGPP (Révision Générale des Politiques Publiques) en vue de la réorganisation des services territoriaux de l’Etat.

Elles regroupent des services administratifs issus de divers horizons, et ont pour finalités : l’amélioration des services fournis aux citoyens et aux entreprises ; la modernisation de l’organisation et la simplification des processus ; la meilleure maîtrise des dépenses publiques.

Véritables galaxies de métiers, elles sont construites autour de pôles métiers : 3E (Economie, Entreprises, Emploi), T (politiques du Travail) et C (Concurrence, Consommation, Répression des fraudes et Métrologie).

Nous découvrons ainsi dans le détail, les missions des 1200 agents de la DIRECCTE Rhône-Alpes, répartis entre l’unité régionale et les 12 unités départementales. Au-delà de la multiplicité des métiers, ce qui nous intéresse ce soir, est d’écouter Philippe sur son approche du management et de la Qualité de Vie au Travail.

Véritable propulseur de ses équipes, il a à cœur de bien accompagner ses équipes dans un environnement contraint, rythmé par des changements annuels, soumis à la pression des chiffres et du reporting quotidien. C’est par l’intermédiaire de son CODIR, réuni toutes les 3 à 6 semaines, dans une ambiance qui mixte travail et convivialité, que Philippe distille des messages forts, empreints de ses convictions personnelles : sauvegarder de la créativité, trouver du sens, favoriser l’adhésion, encourager l’expression consentie, donner envie, faire faire, piloter à distance en faisant confiance ; ce qui lui permet aussi de s’assurer que ces mêmes valeurs sont relayées dans les unités départementales par les Directeurs.

C’est à partir de ce mode de management que les autres hôtes s’expriment et partagent leur approche de la QVT.

  • –  Jérôme fait le lien entre la non-communication dans les équipes et les RPS, et la nécessité de réfléchir à une communication qui lierait la QVT et la performance.
  • –  Isabelle questionne Philippe sur le formalisme de ses méthodes managériales :effectivement, Philippe est plus porté sur l’exemplarité, il n’y a pas de « policy » affichée, avec le risque du relai lorsqu’il quittera ses fonctions. Philippe ne nous cache quelques cas de harcèlement et situations de tensions liés à un management agressif et toxique.
  • –  Christophe interroge Philippe sur les dispositifs en place pour les agents en souffrance.Julien nous présente le contexte de son entreprise. Ses collaborateurs font rarement le choix de ce métier difficile physiquement, peu valorisé socialement, avec une rémunération faible, des horaires décalés. Le management est la clé et les méthodes mises en œuvre, résultent d’une forte volonté de reconnaitre et d’accompagner les salariés : des structures à taille humaine favorisant la proximité du manager ; de l’autonomie dans la façon de faire dans le respect de la règlementation ; de nombreux rassemblements pour solliciter les avis du terrain ; l’importance donnée aux signaux faibles; le respect des femmes et des hommes; la mise en avant de leur professionnalisme ; les possibilités de promotion interne (la chance à chacun) ; la propreté des outils et les bonnes fonctionnalités du matériel ; un accueil et une intégration personnalisés avec des vêtements de travail ajustés et une formation adaptée (bases techniques). Résultats : une véritable culture d’entreprise portée par les salariés et reconnue par les Clients ; 2 fois moins de turnover que dans la profession ; une politique d’achat orientée qualité ; un plan de formation efficace, répondant aux besoins ; des relations interpersonnelles de qualité, des collaborateurs qui se sentent considérés à tous les niveaux de l’entreprise.

Frédérick partage une expérience sur le même métier dans un environnement scolaire avec une organisation très différente en termes de management, et des résultats très insatisfaisants : absentéisme, usure professionnelle, grèves.

Cette notion de respect et de civilité est reprise par Catherine. Est-ce que la QVT ne commencerait pas par-là ? Sacha se demande si les futurs managers y sont sensibilisés dans le cadre de leurs études ? Isabelle nous apporte une lueur d’espoir avec des exemples à l’EML, à l’Université de Lyon ou de Grenoble.

Sacha s’interroge sur l’impact régional : n’y aurait-il pas plus d’agressivité en Ile de France du fait des contraintes de transport notamment ?

Hervé nous ramène dans son entreprise. Ses cadres ont l’obligation de prendre du temps chaque semaine au profit de la convivialité dans les services. Les rapports sociaux ont une grande importance dans cette entreprise familiale qui favorise le recrutement par cooptation et met en avant les valeurs du travail, dont la QVT.

Plusieurs exemples sur l’aménagement des espaces de travail sont échangés, passant d’espaces de travail sur lesquels les agents n’ont aucune possibilité de personnalisation (Isabelle) à des espaces de travail et d’accueil fournis en plantes vertes (Philippe) ! Frédérick présente ce qui a été mis en œuvre dans ses locaux : choix des espaces en laissant la priorité aux collaborateurs, participation volontaire à l’aménagement et à la décoration. Hervé explique l’attention portée aux espaces de restauration en mettant l’accent sur la propreté, le changement de couleurs, le mobilier neuf, des revues, des opérations « panier de fruits », des cours de zumba et de pilates en partenariat avec des acteurs locaux. Les équipes de Philippe ont aussi mis en place des activités physiques dans lesquelles chacun peut piocher (pilates, footing …). De même pour Christophe avec le programme « Take care, be well » : yoga, massage, méditation.

Tous nous nous accordons pour dire que la QVT ce n’est pas que ça, certes, mais c’est ça aussi !

Frédérick partage une autre expérience sur la gestion du temps de travail et la prise de décision, avec une réflexion collective poussée et une culture permissive, orientée sur le qualitatif (résultats) versus le quantitatif : définition d’un objectif commun qui peut s’autoréguler au travers de réunions de concertation fréquentes ; valorisation de l’intelligence collective pour la prise de décisions rapides, éclairées et équilibrées ; partage du temps de parole et régulation ludique (balle, contradicteur officiel) ; pratique de la mindfullness en début de réunion.

L’heure du partage de pratiques sonne. Sacha nous propose quelques réflexions : peut- on manager avec de l’empathie, c’est-à-dire avec justice, équité et transparence ? Oui … peut-on manager sans empathie ? Oui aussi, mais est-ce que ça marche ? C’est un autre débat qui s’annonce !

En fait, il s’agit de traiter ses collaborateurs comme des adultes responsables, avec une autonomie adaptée à chacun. Jean-Luc nous sensibilise à juste titre, sur ce point : l’autonomie n’est pas rassurante pour tous !

Nous nous quittons en remerciant Sacha pour l’organisation de cette causerie ; en remerciant Philippe pour nous avoir transmis une image positive de la DIRECCTE, de la diversité et l’utilité de ses missions, de l’innovation déployée pour accompagner les acteurs économiques du territoire.

Philippe conclut en nous faisant partager ses interrogations quotidiennes sur le rôle du manager de proximité qui doit se réinterroger en permanence sur la qualité de sa communication, de ses relations et de son travail, sans ambigüité, de manière simple et concrète, « comme dans la vraie vie ! ».

A bientôt pour une prochaine causerie, Merci à tous !

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