Compte Rendu Causerie – Steelcase – Jean-Antoine Rodriguez – Paris – 21 Janvier 2016

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Collectif Performance et Qualité de Vie au Travail

Compte rendu Causerie du 21 janvier 2016 – Jean-Antoine Rodriguez Directeur Workplace Design et Communication de Solutions By Steelcase

Améliorer l’expérience de travail : Quelle recette pour que les collaborateurs soient en phase avec la vision de leur entreprise ?

Spontanément, Steelcase évoque une marque industrielle, leader mondial du mobilier de bureau.

Moins celle d’une structure de R&D et Prospective de plus de 25 chercheurs (Designers, Sociologues, Psychosociologues, Ergonomes,…)

Cette équipe de Steelcase WorkSpace Futures observe et analyse les résonances entre modes de travail et modes de vie. Elles inspirent Solutions by Steelcase, qui accompagnent les entreprises, dont est venu nous parler Jean-Antoine Rodriguez pour inaugurer notre cycle de Causeries 2016.

Peut-on vraiment encore, aujourd’hui, différencier travail et vie personnelle?

Une frontière réduite par les technologies qui explique pourquoi WorkSpace Futures explore les attentes de travail de la prochaine génération après Y (Z ou Alpha), et pourquoi la notion d’aménagement de lieux où le travail se passe se substitue à celle d’aménagement de bureau.

C’est ainsi que Jean-Antoine Rodriguez a introduit son sujet « Comment peut-on rapprocher les collaborateurs de la vision de l’entreprise? » où, bien évidemment, l’espace n’est pas l’unique ligne de mire.

1.     La vision

Le premier constat porte sur l’insuffisance du partage de la vision de l’entreprise avec les collaborateurs.

Soit les salariés n’en n’ont pas connaissance, soit ils ne sont pas impliqués dans cette réflexion.

Ce point est déterminant.

Les études menées dans différents endroits du monde pour comptabiliser les personnes activement engagées dans l’entreprise, convergent pour dire qu’elles sont de 3 collaborateurs sur 10.

Cela ne veut pas dire que les 7 autres sont désengagés, seulement que 3 sur 10 le sont activement.

Les raisons d’un score aussi faible sont à rapprocher du nombre de managers capables de développer la vision auprès de leurs collaborateurs : la proportion est la même.

Pourquoi une telle situation aux impacts considérables sur le résultat, la performance comme sur l’innovation dans l’entreprise dont l’absence de courroie de transmission peut attenter à sa survie ?

Et comment utiliser ces éléments pour un travail dont la finalité porte sur l’espace et la stratégie ?

Simplement en posant la question : « Finalement, c’est quoi la vision? »

Une question qui a permis à Steelcase de déterminer que la vision est à la croisée de la stratégie, de la marque et de la culture de l’entreprise.

Définir l’engagement en l’absence d’un de ces trois éléments est compliqué.

D’autant que des études montrent que :

  1. La culture est directement liée à la notion de comportement : sans comportements adaptés, la culture a du mal à exister ou à se créer.
  2. Avoir un comportement adapté, nécessite une connaissance de la vision de l’entreprise.

Tous les éléments sont corrélés.

Alors, au final, qu’apportent Jean-Antoine Rodriguez et ses équipes à l’entreprise?

« Nous pensons que l’espace a un vrai pouvoir sur tout cela. »

Notamment, pour transformer les comportements et transmettre des éléments de partage de la vision.

2.     Le sens

Plus d’engagement de la part des collaborateurs participe à donner du sens à ce que chacun fait.

« Un collaborateur qui ne sait pas pourquoi il travaille, dans quel objectif et quelle direction par rapport à l’entreprise aura du mal à être engagé et à avoir les comportements adaptés permettant une bonne dynamique. »

Il est nécessaire de questionner le sens afin qu’une vision globale permette à chacun de considérer, d’une manière ou d’une autre, qu’il est acteur des succès comme des échecs de l’entreprise.

–       Quelle est ma place par rapport à mon entreprise ?

–       Qu’est-ce que j’apporte ?

–       Quel est le lien entre l’organisation de l’espace et le sens ?

Le sens est le résultat de ce que peuvent attendre à la fois le dirigeant de l’entreprise, depuis sa vision stratégique, et les collaborateurs, dès lors que cette vision est partagée.

C’est notamment pourquoi, les équipes de Jean-Antoine Rodriguez réalisent un énorme travail en atelier sur les usages et non pas sur les besoins.

Pendant très longtemps la croyance, pour réaliser un aménagement qui tienne la route, était de questionner les utilisateurs sur leurs besoins: « De quels rangements  avez-vous besoin?» ; «A côté de qui avez-vous besoin d’être pour travailler ? » … Alors que le plus important porte sur la valeur d‘usage.

Aborder la valeur d’usage ne peut se faire au travers de solutions comme : une armoire pour le rangement ; un siège pour travailler, … Ces aspects sont bien entendu travaillés, mais après.

Donner du sens, conduit à questionner autrement :

–       Quelle(s) critique(s) faites-vous de votre environnement actuel ?

–       Quels sont les points forts et les points faibles de votre environnement actuel ?

–       Comment peut-on faire pour que l’espace soit plus performant ? Qu’il ait plus de sens ? Qu’il vous permette de choisir la manière dont vous allez travailler, dont vous allez collaborer ?

3.     La collaboration

La collaboration est l’un des points forts d’aujourd’hui. Elle ne s’invente pas. Sous l’angle de l’organisation, elle relève bien entendu du management.

Mais l’espace apporte aussi des réponses aux problématiques de collaboration.

Les manières de collaborer sont multiples.

Pas seulement au travers d’une table. Si on veut être créatif, un environnement beaucoup plus libre, plus flexible, fluide, mobile, permettant d’écrire sur les murs, sera privilégié.

La question de l’usage pour collaborer est liée au questionnement : « Pour faire quoi ? ».

Collaborer à distance implique la question de la technologie à embarquer. Comment faire pour qu’elle soit un élément naturel et non pas une contrainte pour les collaborateurs?

C’est l’approche mise en place en amont par Jean-Antoine Rodriguez, notamment avec les dirigeants, au travers de workshops qui ont pour objectifs de :

–       faire participer,

–       rapprocher l’ensemble de ces informations,

–       définir les orientations par rapport à la nature du projet, à la vision de l‘entreprise, au niveau d’engagement collaborateurs.

Par exemple, Google et Apple ont des cultures différentes.

Google s’est positionné sur la notion de transparence que reflète leur nouveau bâtiment qui comporte énormément de verre. Les choix architecturaux du bâtiment, son aménagement collent parfaitement à la marque. Encore faut-il que cette transparence soit incarnée. Réaliser un bâtiment transparent pour faire un bâtiment transparent n’a pas de sens.

La transparence se doit dès lors d’être une réalité dans l’organisation, la collaboration, la relation avec la hiérarchie. Si ces éléments sont déconnectés, l’espace, vidé de son sens, ne fonctionnera pas.

A l’inverse, Apple se positionne sur une notion très sécuritaire. Cette dimension se retrouve dans la manière dont Apple gère ses espaces de travail. Chez Apple la notion de transparence n’est pas visible.

Le rôle de Steelcase n’est pas de traduire ces éléments au travers de l’architecture.

Mais de faire voisiner, dans cette « boite que constitue le bâtiment », les attentes, les solutions en réponse aux usages, le sens, et cette fameuse vision que doit porter le dirigeant d’entreprise.

« Sans vision, rien n’avancera. Cette vision, tout le monde en a besoin : les dirigeants, les actionnaires, mais également les collaborateurs. »

Les situations où les dirigeants et les actionnaires ont la même vision sont bien évidemment fréquentes parce que nécessaires.

Cependant, cette vision est moins fréquemment partagée avec les collaborateurs.

Conséquences :

Je suis collaborateur. Finalement, je sais pourquoi je travaille, plus exactement, dans ce que je fais individuellement, mais pas dans ce que je fais dans l’action collective.

Or, l’élément important quand on parle de collaboration est «Ok, mais pourquoi je collabore?».

Compte rendu rédigé par : Christophe Cahn – Wagram Consulting – christophe.cahn-@-orange.fr – Janvier 2016 – Toute reproduction interdite sans l’accord écrit de l’auteur. Droits réservés.

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